Quel visa pour un descendant japonais de troisième génération (Nikkei Sansei) au Japon ?
Vous avez un grand-parent japonais et souhaitez vivre au Japon ? Les descendants japonais de troisième génération (Nikkei Sansei) peuvent, sous certaines conditions, obtenir un visa de résidents à long terme. Conditions, documents, travail, conjoint et résidence permanente : Cabinet IAFJ vous explique l’essentiel.
Mon grand-père ou ma grand-mère était japonais(e) : puis-je obtenir un visa pour vivre au Japon ?
Si l’un de vos grands-parents était japonais, vous vous êtes peut-être déjà demandé si cette origine familiale pouvait vous permettre de vous installer au Japon.
La réponse est, dans de nombreux cas, oui.
Un descendant japonais de troisième génération, appelé communément Nikkei Sansei, peut être éligible au statut de résidence « Résident à long terme » (定住者).
Ce statut est particulièrement intéressant car, contrairement à de nombreux visas de travail, il n’est pas lié à une profession déterminée.
Une fois ce statut obtenu, vous pouvez en principe travailler librement au Japon, changer d’emploi, exercer une activité indépendante ou créer une entreprise, sous réserve bien entendu des autorisations éventuellement nécessaires pour certaines activités réglementées.
En pratique, on parle souvent de « visa », mais juridiquement il s’agit d’un statut de résidence au Japon.
Quelle est la différence entre un Nikkei de deuxième génération et de troisième génération ?
C’est probablement l’un des points les plus difficiles à comprendre.
En principe, la situation peut être résumée ainsi :
| Génération | Lien avec le Japon | Statut de résidence principal |
| Première génération | Japonais ayant émigré à l’étranger | Nationalité japonaise |
| Deuxième génération | Enfant étranger né d’un parent japonais | Conjoint ou enfant de ressortissant japonais |
| Troisième génération | Petit-enfant d’un Japonais | Visa de résidents à long terme |
| Conjoint étranger d’un Nikkei de troisième génération | Époux ou épouse du Nikkei Sansei | Visa de résidents à long terme, sous conditions |
Une question revient souvent :
Pourquoi un Nikkei de deuxième génération relève-t-il du statut « Conjoint ou enfant de ressortissant japonais » alors qu’il n’est pas le conjoint d’un Japonais ?
La réponse tient au nom un peu trompeur de ce statut.
Le statut « 日本人の配偶者等 » ne concerne pas seulement les époux ou épouses de citoyens japonais. Il couvre également certaines personnes nées comme enfants d’un ressortissant japonais.
Ainsi, une personne étrangère née d’un père ou d’une mère japonais(e) peut normalement relever de cette catégorie.
Le descendant de cette personne, c’est-à-dire le petit-enfant du Japonais, correspond quant à lui au Nikkei de troisième génération et relève généralement du visa de résidents à long terme.
On peut donc retenir simplement :
Enfant d’un Japonais → deuxième génération → généralement « Conjoint ou enfant de ressortissant japonais »
Petit-enfant d’un Japonais → troisième génération → généralement « Résident à long terme »
Il existe cependant des exceptions.
Par exemple, si le parent de première génération avait déjà perdu ou abandonné la nationalité japonaise au moment de la naissance de son enfant, la qualification juridique du descendant de deuxième génération peut être différente.
Il est donc important de ne pas se contenter de dire « je suis Nikkei de deuxième ou troisième génération ». Il faut vérifier la nationalité du parent ou du grand-parent au moment des différentes naissances, notamment au moyen des registres familiaux japonais.
Comment prouver que je suis descendant japonais de troisième génération ?
C’est l’un des aspects les plus importants du dossier.
Il ne suffit pas de déclarer que son grand-père ou sa grand-mère était japonais(e).
Il faut établir, au moyen de documents officiels, toute la chaîne familiale :
Grand-parent japonais
↓
Père ou mère de deuxième génération
↓
Demandeur de troisième génération
Pour cela, plusieurs documents peuvent être nécessaires, notamment :
- le registre familial japonais (koseki) ou un ancien registre radié (joseki) du grand-parent ;
- les actes de naissance ;
- les actes de mariage ;
- les documents établissant les changements de nom ;
- tout document permettant de relier officiellement les différentes générations.
C’est parfois la partie la plus compliquée de la procédure.
Dans les familles ayant quitté le Japon il y a plusieurs décennies, il peut arriver que le demandeur connaisse le nom japonais de son grand-parent, mais pas son lieu d’origine exact ni son ancien domicile familial.
Des différences d’orthographe peuvent également exister entre les documents japonais et étrangers.
Par exemple, un même nom peut avoir été transcrit différemment en alphabet latin selon les époques ou les administrations.
L’objectif est donc de présenter à l’Immigration une chaîne documentaire cohérente et continue entre le grand-parent japonais et le demandeur.
Quelles sont les principales conditions pour obtenir le visa de résidents à long terme en tant que Nikkei Sansei ?
L’origine japonaise est essentielle, mais elle ne constitue pas le seul élément examiné.
L’Immigration vérifie également que le demandeur pourra vivre de manière stable au Japon.
Lorsque le demandeur prévoit de prendre lui-même en charge ses frais de séjour, il peut notamment être demandé de présenter des documents tels que :
- un certificat de solde bancaire à son nom ;
- une promesse d’embauche ;
- une attestation d’emploi prévu au Japon ;
- ou un document similaire émis par une entreprise japonaise.
Lorsque les frais de séjour sont pris en charge par une personne vivant au Japon, des justificatifs relatifs à ses revenus et à sa situation fiscale peuvent être nécessaires.
Un garant résidant au Japon, généralement japonais ou résident permanent, est également demandé.
Enfin, un certificat de casier judiciaire émis par les autorités du pays d’origine du demandeur fait partie des documents importants du dossier.
Les documents rédigés dans une langue étrangère doivent être accompagnés d’une traduction en japonais.
Faut-il parler japonais pour obtenir ce statut ?
Pas nécessairement.
L’absence de maîtrise du japonais ne signifie pas automatiquement qu’un Nikkei de troisième génération ne peut pas obtenir le statut de résident à long terme.
Il faut cependant distinguer deux questions :
Puis-je obtenir le statut de résident à long terme ?
et
Puis-je obtenir directement une durée de séjour de cinq ans ?
Pour un demandeur adulte souhaitant obtenir une période de séjour de cinq ans, l’Immigration demande actuellement une preuve d’un certain niveau de japonais.
Plusieurs moyens de preuve peuvent être admis, notamment certains résultats au JLPT, au BJT, ou encore une période suffisante d’études dans un établissement d’enseignement du japonais.
En pratique, l’absence d’un tel justificatif n’exclut donc pas nécessairement l’obtention du statut lui-même, mais elle peut avoir une incidence sur la durée de séjour accordée.
Quels sont les avantages du visa de résidents à long terme pour un descendant japonais ?
Le principal avantage est la liberté professionnelle.
De nombreux visas de travail japonais sont liés à une activité précise.
Par exemple, pour certains statuts professionnels, l’Immigration vérifie si les études, l’expérience professionnelle et le poste proposé correspondent bien à la catégorie de visa demandée.
Le visa de résidents à long terme fonctionne différemment.
Il s’agit d’un statut fondé sur la situation personnelle du demandeur et non sur une profession particulière.
Cela signifie qu’un Nikkei Sansei titulaire de ce statut peut, en principe :
- travailler comme salarié ;
- exercer différents types de métiers ;
- changer d’employeur ;
- travailler dans la restauration, le commerce, l’industrie ou les services ;
- exercer une activité indépendante ;
- créer ou gérer une entreprise.
Il n’est donc pas nécessaire de changer de statut simplement parce que l’on change de métier.
Pour une personne souhaitant construire sa vie au Japon sur le long terme, cette flexibilité constitue un avantage considérable.
Mon conjoint peut-il venir vivre avec moi au Japon ?
Dans certaines conditions, le conjoint étranger d’un descendant japonais de troisième génération peut lui aussi obtenir le statut de résident à long terme.
Il n’est donc pas nécessaire que les deux époux aient eux-mêmes des origines japonaises.
Une personne ayant un grand-parent japonais peut ainsi envisager une installation au Japon avec son conjoint, sous réserve de remplir les conditions applicables à cette catégorie.
La réalité du mariage, la situation financière du foyer et les conditions de vie au Japon seront naturellement examinées.
Peut-on ensuite demander la résidence permanente ?
Oui.
Le statut de résident à long terme peut constituer une étape vers une installation définitive au Japon.
Les titulaires de ce statut bénéficient d’une règle particulière concernant la durée de résidence préalable à une demande de résidence permanente.
En principe, une personne ayant résidé au moins cinq ans de manière continue au Japon sous le statut de résident à long terme peut entrer dans l’un des cas particuliers permettant d’envisager une demande de résidence permanente.
Cela ne signifie toutefois pas que la résidence permanente est automatiquement accordée après cinq ans.
L’Immigration examine également d’autres éléments, notamment :
- la stabilité financière ;
- le respect des obligations fiscales ;
- le paiement correct des cotisations de retraite et d’assurance maladie ;
- le comportement général du demandeur ;
- la stabilité de sa vie au Japon.
Si votre objectif est de vous installer durablement au Japon, il est donc préférable de penser dès le début non seulement à l’obtention du premier statut de résidence, mais également à ses futurs renouvellements et, éventuellement, à une demande de résidence permanente.
Je sais seulement que mon grand-parent était japonais : par où commencer ?
Dans de nombreux dossiers, la première difficulté apparaît bien avant le dépôt de la demande de visa.
Vous savez peut-être simplement que :
« Mon grand-père était japonais. »
« Ma grand-mère est née au Japon avant d’émigrer. »
« Ma famille portait autrefois un nom japonais, mais nous n’avons plus aucun document. »
Dans ce cas, la première étape consiste à retrouver les informations permettant d’identifier le registre familial japonais du grand-parent concerné.
Son nom complet, sa date de naissance, son lieu de naissance ou son ancien domicile au Japon peuvent être particulièrement utiles.
À partir de là, il devient possible d’examiner la filiation jusqu’au demandeur et de déterminer si celui-ci peut juridiquement être considéré comme descendant japonais de troisième génération.
Un dossier de Nikkei Sansei est avant tout un dossier de filiation
Le visa de résidents à long terme destiné aux descendants japonais de troisième génération offre une grande liberté pour vivre et travailler au Japon.
Mais sa préparation repose avant tout sur une question très simple :
pouvez-vous démontrer officiellement que vous êtes bien le petit-enfant d’un Japonais ?
Dans certains dossiers, cette preuve est relativement facile à établir. Dans d’autres, il faut rechercher d’anciens registres japonais, comparer des actes d’état civil étrangers et expliquer des différences de noms ou de transcription.
Cabinet IAFJ accompagne les descendants japonais dans la vérification préalable de leur éligibilité, la recherche et l’organisation des documents familiaux, la traduction des actes étrangers ainsi que la préparation et le dépôt de la demande de Certificate of Eligibility (COE).
Même si vous ne disposez pour le moment que de quelques informations sur votre grand-parent japonais, il est possible de commencer par examiner votre situation et de déterminer les documents à rechercher.
Vous pensez être descendant japonais de troisième génération et souhaitez savoir si vous pouvez vivre au Japon ? Contactez Cabinet IAFJ pour une première évaluation de votre situation.


